Une "peine de prison non désirée" pour les marins coincés en mer ou bloqués à la maison

Des centaines de milliers de marins sont restés à bord de leurs navires pendant de nombreux mois et plus longtemps que prévu, bloqués en mer en raison des restrictions de voyage imposées par la Covid-19. Un an après le début de la pandémie, beaucoup d'entre eux ont encore du mal à faire face à l'incertitude qui règne.





Tout au long de l'année, l'industrie du transport maritime a réussi à se maintenir à flot, permettant le transport de nourriture, de médicaments et d'autres biens essentiels dans le monde entier, afin de remplir les rayons des magasins même pendant les périodes de confinement les plus strictes.


« On parle d’un million et demi à deux millions de gens de mer qui participent à l’exploitation des navires marchands dans le monde, ce qui se traduit par environ 80% du volume du commerce mondial qui est transporté par les navires. Nous acheminons de la nourriture, des sources d’énergie des matières premières et c’est beaucoup de travail qu’ils font pour nous. Et en temps de pandémie, c’est ce commerce qui nous amène aussi des fournitures médicales, des denrées alimentaires. Donc ils sont très essentiels ces gens », explique Karine Langlois, chargée de la communication à l'OMI, l'agence maritime des Nations Unies .


Cependant, de nombreux marins ont été contraints de rester en mer plus longtemps que prévu, parfois pendant plus d'un an.


Fin 2020, l'OMI, estime que quelque 400.000 marins, venus du monde entier, étaient toujours sur leurs navires, même si leurs contrats ont pris fin, sans pouvoir être rapatriés. Et on estime que 400.000 autres sont bloqués chez eux en raison des restrictions, incapables de rejoindre les navires et de subvenir aux besoins de leur famille.



« Nous n'avons pas signé pour ça »


La santé mentale des marins a été mise à rude épreuve, comme l'a déclaré à ONU info en juillet dernier, Matt Forster, ingénieur en chef anglais, basé principalement sur un pétrolier au Moyen-Orient et en Asie. Son contrat avait alors expiré, et il avait du mal à faire face à la séparation d'avec ses deux jeunes enfants.

« J'ai déjà fait de longs contrats auparavant, mais là, c'est différent », a-t-il déclaré. « Cela a un effet psychologique, car il n'y a pas de fin en vue. Cela affecte beaucoup plus la vie de famille. Mes enfants me demandent toujours quand je rentre à la maison. C'est difficile de leur expliquer ».

M. Forster est maintenant de retour en Angleterre, réuni avec ses enfants, mais son expérience l'a fait réfléchir à deux fois sur son choix de carrière. « Nous voulions aller travailler, faire notre part, puis rentrer à la maison. Nous n'avons pas signé pour ce qui ressemble à une peine de prison non désirée », dit-il.

« Je ne veux pas y retourner si je dois encore rester coincé pendant six mois. Et il n'y a pas que moi : beaucoup d'autres marins dans le monde ressentent la même chose. Cela va pousser les gens à quitter le secteur ».

OMI L'OMI a demandé aux gouvernements de désigner les marins comme des travailleurs essentiels.





« Nous avons des droits en tant qu'êtres humains »


L'OMI a décrit la situation critique des marins cette année comme une violation des droits de l'homme. S'exprimant lors de la Journée des droits de l'homme, en décembre, le Directeur de l'agence, Kitack Lim, a rendu hommage aux travailleurs de première ligne du secteur maritime et a invité les pays à veiller à ce que leurs droits à des conditions de travail sûres et décentes soient reconnus, respectés et protégés.

Hedi Marzougui, un capitaine américain, s'est fait l'écho des appels de M. Lim, et a exprimé ses préoccupations quant à la pression exercée sur la santé mentale des équipages par la longue période passée à bord.

« Plus vous restez longtemps à l'extérieur, plus vous êtes fatigué physiquement. Les heures, les semaines et les mois commencent à s'accumuler, vous êtes très fatigué et vous n'êtes pas aussi vif », a-t-il déclaré, ajoutant que l'épuisement peut conduire à des accidents.

« Nous avons aussi des droits en tant qu'êtres humains, nous avons nos propres familles. Nous avons une vie à reprendre », a ajouté le capitaine Marzougui. « Nous ne sommes pas des robots, nous ne devons pas être considérés comme des citoyens de seconde classe ».


Soutenir les travailleurs essentiels


Depuis plusieurs mois, l'OMI fait pression pour que tous les gouvernements classent les marins et autres personnels de la mer comme travailleurs essentiels. En décembre, environ 45 pays l'avaient fait, ce qui facilitera le changement d'équipage en toute sécurité, mais les travailleurs de nombreux pays ne bénéficient toujours pas de la même protection.

Pendant la pandémie, la Seafarer Crisis Action Team (SCAT) de l'agence a aidé des milliers de marins en détresse dans des conditions désespérées, en défendant leurs droits à des conditions de travail décentes, à l'accès aux soins médicaux à terre et au rapatriement.

Dans une résolution adoptée le 1er décembre, l'Assemblée générale des Nations Unies a également demandé aux États membres de l'ONU de désigner les marins et autres personnels de la marine comme travailleurs essentiels.


source: Une 'peine de prison non désirée' pour les marins coincés en mer ou bloqués à la maison | ONU Info

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